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03/01/2013

Au début était le terrorisme par Ronald Bleier - partie 2 -

Assassinat d’un négociateur de paix

Un des actes les plus notoires du terrorisme israélien a eu lieu en 1948 quand des forces juives, membres de la faction LEHI (aussi connue comme Gang Stern) assassinèrent le comte Suédois Folk Bernadotte, médiateur appointé par l’ONU. Bernadotte fut tué le 17 septembre 1948, un jour après qu’il eut présenté son second plan de médiation qui, entre autres choses, demandait le rapatriement et des dédommagements pour les réfugiés palestiniens. L’assassinat de Bernadotte souligna une des principales différences de politique à l’époque entre les USA et Israël, c'est-à-dire le sort des réfugiés palestiniens.

A l’époque, les forces juives/israéliennes avaient déjà forcé plus d’un demi-million de Palestiniens hors de chez eux. Le tollé international qui en suivit attira l’attention sur les effets sur la paix au Moyen-Orient autant que sur les souffrances des réfugiés. De plus, le devenir de centaines de milliers de juifs vivant dans le monde arabe, surtout en Irak, au Maroc, au Yémen et en Egypte, était mis en danger par la politique d’expulsion israélienne.

La veille de l’assassinat, le ministre des Affaires Etrangères Moshe Sharett accusa publiquement Bernadotte d’un " parti-pris contre l’Etat d’Israël et pour les Etats arabes ". Stephen Green indique les preuves montrant que le gouvernement israélien lui-même fut directement impliqué dans l’assassinat.

La nuit de l’assassinat, les consulats tchècoslovaques de Jérusalem et de Haïfa étaient occupés à préparer les quelque 30 visas pour les membres du groupe Stern " qui avaient été arrêtés pour leur implication dans la préparation ou l’exécution " de l’assassinat. " Entre les 18 et 29 septembre, la plupart sinon tous les 30 quittèrent Israël sur des vols pour Prague." L’" échelle, la précision, et la vitesse de la fuite-évacuation " conduisit le Département d’Etat à " suspecter que le Gang Stern n’était pas seul impliqué ".

Les USA se demandèrent si " l’opération avait pu être planifiée de Tchécoslovaquie, et si un escadron spécialement entraîné avait volé de Prague en Israël dans ce but ".

De plus, l’historien Howard Sachar note que " On pense en général que Yehoshua Cohen, un ami de Ben Gourion, a servi de détonateur ".

Huit mois plus tard, en mai 1949, les Israéliens ont révélé à l’ONU que la majorité des membres du groupe Stern arrêtés pendant la " purge " avaient été libérés avant quinze jours. Les non-libérés furent gardés jusqu’à une amnistie générale accordée le 14 février 1949. Personne n’a jamais été jugé pour le meurtre.

L’assassinat de Bernadotte fit les titres internationaux et pendant quelques temps on fit plus attention à la question des réfugiés palestiniens. Finalement la pression pour les rapatrier ne put jamais être assemblée. On peut dire que du point de vue de la politique d’expulsion israélienne, l’assassinat fut un succès puisqu’aucun des successeurs de Bernadotte ne fut capable de mettre suffisamment de pression sur les Israéliens pour les amener à des concessions. Si Bernadotte avait survécu, il aurait peut-être réussi là où d’autres avaient échoué.

Au minimum, son meurtre fut un avertissement pour tous ceux qui auraient été tentés de suivre son modèle d’action.

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